Recent Publications

Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie 58- 2023

Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie 58- 2023.

Franck SALAÜN: Présentation

Gerhardt STENGER:Jean Mayer (1925-2023)

DIDEROT

Claire SERRANO: Diderot et l’ex-voto gallo-romain de Bourbonne- les-Bains

Clara de COURSON: Détonations atténuatives : euphémisation  érotique et rhétorique licencieuse dans Les Bijoux indiscrets

Yves DESRICHARD: Les adaptations cinématographiques de La  Religieuse

Philippe DÉAN: Sublime dégoût : l’esthétique transgressive de  Diderot

L’ENCYCLOPÉDIE

Gerhardt STENGER: L’article A de l’Encyclopédie et le travail  éditorial de Diderot

Marie LECA-TSIOMIS: Les articles impossibles, selon D’Alembert

Mitia RIOUX-BEAULNE: Renvois, rapports, liaisons. Diderot,  l’Histoire de l’Académie royale des sciences et ses Tables  alphabétiques

Colette LE LAY: Ismaël Boulliau (1605-1694) dans l’Encyclopédie

Malou Haine: Les sources des explications des planches de  Musique de l’Encyclopédie

GLANES

Emmanuel BOUSSUGE et Françoise LAUNAY : Mort à la tâche en 1772 : Gabriel Huquier, un encyclopédiste important retrouvé

David ADAMS et Daniel DROIXHE : Quelle contrefaçon rouennaise du Théâtre de Diderot a été imprimée par Louis-Joseph Oursel  pour Pierre Machuel en 1770-1771 ?

AUTOGRAPHES ET DOCUMENTS

RÉSUMÉS / ABSTRACTS

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Anne Marie Louise d'Orléans , Œuvres complètes III et dernier, éd. Jean Garapon et Nathalie Grande

Anne Marie Louise d'Orléans duchesse de Montpensier, Œuvres complètes III et dernier : œuvres diverses, édition critique de Jean Garapon et Nathalie Grande, Paris, H. Champion, 2024.

Complétant l’édition des Mémoires en 2020, la présente édition des Œuvres diverses de la duchesse de Montpensier (1627-1693) achève la publication de ses Œuvres complètes. Elle réunit des ouvrages très variés : les divertissements de salon de l’époque de la Fronde, les Divers Portraits de 1659, les courts récits satiriques de la même époque, l’utopie épistolaire féministe partagée avec Mme de Motteville en 1660, et les ouvrages spirituels de la fin de la vie. Sous des formes littéraires variées, proches de la conversation, ces textes manifestent une constante référence à l’écriture et reflètent une pratique collective largement féminine. S’y déploient en outre des inspirations déjà présentes dans les Mémoires, de la narration autobiographique au portrait, de la fiction à la satire et à la méditation spirituelle, offrant ainsi un riche point d’optique sur la culture féminine du XVIIe siècle dans son ensemble.

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Charles du Bos, un homme sans oeuvre ? (Louis Pailloux)

Louis Pailloux, Charles du Bos, un homme sans oeuvre ?, Paris, H. Champion, 2024.

Ultime porte-voix d’un humanisme européen polyglotte autant qu’intensément cosmopolite, Charles Du Bos (1882-1939) a produit une « œuvre », très partiellement publiée, qui prend le parti de la mémoire longue et sans tapages de la transmission contre tout présentisme et tout formalisme. Une éthique de la responsabilité en acte l’emporte chez lui sur les jeux de l’esthétique pure. Cet ouvrage s’efforce de déterminer, d’une part, ce qu’a été « l’œuvre » dubosienne dans sa totalité problématique et, d’autre part, quel homme aura été ce Charles Du Bos, aussi profond que difficile et méconnu, qui attend posthumément (c’était là un pari dubosien) que nous lui conférions une véritable existence.

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Rousseau studies 8, "Rousseau : la force"

Rousseau studies, "Rousseau : la force", n°8, déc. 2023.

Qui s’aventure dans les écrits de Rousseau a tôt fait de lire ses développements sur la force qui ne fait pas droit et sur l’injonction du Contrat social concernant le citoyen qu’on « forcera à être libre ». Il peut alors se contenter de dévider les banalités que lui offre la pensée dominante ou aller plus loin. Il lira peut-être cette appréciation de Rousseau valable de tout temps : « Quand on a la force en main, et qu’on ne veut pas être juste, on laisse dire et l’on va son train », ou bien cette explication qui clarifie la situation : « J’appelle tyran l’usurpateur de l’autorité royale, et despote l’usurpateur du pouvoir souverain. Le tyran est celui qui s’ingère contre les lois à gouverner selon les lois ; le despote est celui qui se met au-dessus des lois-mêmes. Ainsi le tyran peut n’être pas despote, mais le despote est toujours tyran », avec laquelle il pourra faire quelque prolongement contemporain. Le thème de la force dans la pensée de Rousseau a cependant été peu traité et il a peu de chance d’être inscrit dans un colloque au moment où les nations du monde entier nous menacent d’offensive nucléaire. Le thème est pourtant important et sous-jacent en de nombreuses pages de Rousseau, qu’il soit à l’origine de sa réflexion sur l’inégalité de condition de l’homme moderne, ou dans son idéal de société régénérée selon le modèle spartiate. Le goût du philosophe pour la solitude et la rêverie est aussi un moyen de se garantir des hommes et de leur oppression, ressentie toute sa vie et concrétisée par les condamnations prononcées par plusieurs États contre lui. Rousseau n’a pas cédé et a donné aux générations futures ce « lait des forts » dont Nerval a parlé dans Les filles du feu. Il ne nous reste qu’à en retrouver le goût. Facile à dire, pas facile à faire.

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Le Fer ou le Feu. Penser la douleur après Descartes (Raphaële Andrault)

Raphaële Andrault, Le Fer ou le Feu. Penser la douleur après Descartes, Paris, Classiques Garnier, 2024.

Fondé sur un vaste ensemble de textes du xviie siècle, cet ouvrage s’attache à un moment important et méconnu dans l’histoire de la douleur. Il renouvelle l’analyse du « dualisme cartésien » et contribue à la réflexion contemporaine sur la nature de notre sensibilité et de nos émotions.

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Dans la fabrique des contes de Perrault (Pierre-Emmanuel Moog)

Pierre-Emmanuel Moog, Dans la fabrique des contes de Perrault, Paris, Classiques Garnier, 2024.

Les contes de Perrault comportent peu de surnaturel mais sont parsemés d’invraisemblances apparentes. Cet essai prête attention aux moindres anomalies stylistiques et narratives, en prenant en compte les mœurs du temps, pour mieux dégager les procédés de fabrication des contes et certains de leurs enjeux.

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Angélique Arnaud, Œuvres complètes. Tome II. Relation autobiographique, entretiens et textes divers - éd. Carr (Thomas M.), Lesaulnier (Jean), Pouge-Bellais (Françoise), Volongo (Anne-Claire)

Angélique Arnaud, Œuvres complètes. Tome II. Relation autobiographique, entretiens et textes divers - éd. Carr (Thomas M.), Lesaulnier (Jean), Pouge-Bellais (Françoise), Volongo (Anne-Claire), Paris, Classiques Garnier, 2023.

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Vénus malade (Jérôme Laubner)

 Jérôme LAUBNER, Vénus malade. Représentations de la vérole et des vérolés dans les discours littéraires et médicaux en France (1495-1633), Genève, Droz, Travaux d'Humanisme et Renaissance, 2023.

À la fin du XVe siècle, l’Europe voit surgir une maladie nouvelle, la vérole, et avec elle son lot de questions. Mal français, italien ou américain, comment nommer un fléau mondial qui fait fi des frontières géographiques ? Comment traiter une affection inconnue des Anciens ? Comment prendre en charge des malades honteux et rebutants ? Si la vérole a suscité la panique et la condamnation morale, la confrontation des discours littéraires et médicaux produits entre 1495 et 1633 fait apparaître des réactions affectives complexes voire contradictoires à l’égard des victimes de la première épidémie vénérienne de l’âge moderne. À côté des plaintes et des admonitions sur les dangers du coït, bien des textes font résonner un rire servant tour à tour d’outil parodique, d’arme polémique et d’étendard obscène à opposer au bon goût. Illustrant la plasticité du stigmate vénérien, les auteurs interrogent les fonctions de l’écriture lorsque la sexualité, notamment masculine, se trouve mise en péril.

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Madame de Maintenon, Les petits livres secrets. Suivi de divers textes copiés, introduction et édition critique par Lars Cyril Nørgaard

Madame de Maintenon, Les petits livres secrets. Suivi de divers textes copiés, introduction et édition critique par Lars Cyril Nørgaard, Paris, H. Champion, 2023.

Le 14 décembre 1709, Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719), épouse de Louis XIV, ajoutait à son testament un codicille par lequel elle léguait ses « petits livres secrets » à Catherine Travers du Pérou (1666-1748), supérieure de la maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr. Auparavant, ces cahiers n’avaient jamais servi qu’à des usages privés : pendant des années, puisant à plusieurs sources, Madame de Maintenon y avait copié de sa main des lettres spirituelles ou des extraits de textes plus longs, façonnant progressivement une sorte d’anthologie personnelle, puisée à plusieurs sources.

Ce volume propose la première édition des neuf « petits livres » subsistants, complétée par trois textes également copiés de la main de Madame de Maintenon. Considérés ensemble, ces écrits témoignent de différents niveaux d’action, allant de la reproduction à la création, du domaine spirituel à l’éducation. Ils jettent un éclairage inédit sur la pratique dévotionnelle de Madame de Maintenon, montrant comment elle accommodait les conseils que lui prodiguaient des figures masculines (principalement Paul Godet des Marais) de l’autorité religieuse.

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Courtilz de Sandras, Mémoires de Messire Jean-Baptiste de La Fontaine, édition critique de Carole Atem

Courtilz de Sandras, Mémoires de Messire Jean-Baptiste de La Fontaine, édition critique de Carole Atem, préface de Jean-Paul Sermain, Paris, H. Champion, 2023.

Lorsqu’il publie anonymement les Mémoires de Messire Jean- Baptiste de La Fontaine en 1698, onze ans après les Mémoires de M. L.C.D.R., qui inaugurèrent la vogue des Mémoires apocryphes, Courtilz de Sandras est plus que jamais un écrivain de la clandestinité. C’est à la Bastille, où il fut six ans prisonnier, que cet ancien capitaine de cavalerie compose ce nouveau pastiche de Mémoires, écrit à la première personne et attribué à un personnage réel, le chevalier de La Fontaine, qui fut son compagnon de détention dans la dernière décennie du XVIIe siècle. À travers les mésaventures politiques et l’emprisonnement de son personnage, victime de la raison d’État, c’est en partie l’expérience de Courtilz lui-même, transfigurée par la fiction, qui se devine en filigrane. Si cet opus, le second d’une longue série, connut en son temps une diffusion limitée, le lecteur contemporain est pourtant susceptible d’y retrouver des questions très actuelles, sur le rapport de l’individu au pouvoir, sur sa place dans la société, et sur sa propre liberté. Fresque romancée de l’histoire de France et d’Europe à l’époque de la révocation de l’Édit de Nantes, ce roman de la prison aux accents polémiques, qui redessine les frontières entre fiction et témoignage dans un paradigme narratif original, est un chef-d’œuvre oublié du premier père littéraire des Trois mousquetaires, désormais reconnu par la recherche scientifique comme l’un des précurseurs du roman moderne.

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